Les arbres de Malling

 

La fête battait son plein, les communiants étaient à l’honneur !!!

Oh, cette histoire se passe il y a longtemps même bien longtemps déjà …

Vous savez en ce temps là, les jours de grandes fêtes on se réunissait tous ensembles pour partager un bon moment.

Les villageois de Malling qui étaient beaucoup moins que maintenant se connaissaient tous.

Pour les grandes occasions et bien … et on n’en manquait pas, on dressait des tables faites de trois fois rien.

On jetait dessus des nappes bien blanches et quelques bancs autours suffisaient à créer une ambiance de fête. Chaque famille amenait quelque chose : un jambon, une grosse tarte aux pommes, quelques bouteilles de vin ou des gros pains.

Les hommes souriants et moustachus en habits du dimanche bien repassés et les femmes en belles robes multicolores se retrouvaient sur la place près de l’église et la fête commençait, elle pouvait durer jusqu’à la nuit noire.

Pendant ce temps, les enfants en profitaient pour courir à perdre haleine et pour les plus grands à discuter gravement de sujets de leurs âges en jetant des regards en coin pour être sûrs de ne pas être épiés.

La grande occasion de ce jour là était la communion des enfants, vous pensez : la petite et la grande. En réalité cette année le village s’était réuni quelque temps après la cérémonie.

Les travaux des champs ne souffraient aucun retard et comme la récolte promettait d’être exceptionnelle on avait décidé de faire la fête un peu plus tard dans la saison.

Le temps était magnifique, le soleil caressait la peau et les gorges ne demandaient qu’à s’hydrater.

La journée avançait et en même temps l’ambiance grandissait. Les rires et les bonnes histoires coulaient comme le bon vin.

Tout à coup un homme se leva son verre à la main, un peu rouge mais droit comme un piquet de parc.

Mes amis, trinquons à la vie, au plaisir de se retrouver ensembles et aux futures fêtes !

Il ajouta … j’ai eu une idée, il prit une noix dans la corbeille sur la table, la montra à l’assemblée et dit : « Je vais la planter devant chez moi et ce sera le témoin de ce moment ».

Tant que le noyer sera là on fera la fête, c’est à dire pendant au moins … 500 ans !!!

Tout le monde applaudi et ce qui fut dit fut fait … On se rendit en cortège planter la noix.

Il fallu trouver l’endroit exact, vous pensez les anciens savaient qu’un noyer doit avoir de la place et ne pas venir déranger les maisons alentour.

Ça prit quand même un certain temps et une fois plantée il fallut encore arroser la noix, ce qui fut fait au sens large.

Une dernière santé pour être sûrs que la chance serait du côté des planteurs et on reprit le chemin de la place d’un pas disons prudent.

Un peu en retrait de cette manifestation bruyante deux jeunes adultes, se tenaient par la main et se promettaient un amour éternel.

En entendant ces paroles la jeune fille dit au garçon : « et si on faisait la même chose ? On fait un trou, on y plante chacun une graine et notre amour durera autant que durera ce qui poussera ! Et si rien ne pousse dit le garçon ? Et bien …. Et bien … je ne sais pas … on verra bien… »

Ils regardèrent autours d’eux et virent un gros chêne au bout de la place.

En se tenant par la main ils se mirent à chercher et ce fut le garçon qui le premier trouva la première graine de leur promesse, la jeunette se désola de ne rien trouver.

Elle baissa la tête déçue et le jeune homme vit dans ses cheveux une brindille de tilleul avec une toute petite feuille en forme de cœur comme le sont les feuilles de cet arbre porte bonheur.

Le garçon la pris délicatement et la montra à sa presque promise. Il y avait accroché la petite promesse bien ronde d’un bel arbre à venir.

Tous les deux éclatèrent de rire. Ils firent un petit trou prés de l’église devant la maison qui avait la terre la plus noire et … il ne restait plus qu’à être patient !

Cette année là, une année comme disaient les anciens « où tout pousse » le noyer montra le bout de son nez au printemps et un peu plus loin discrètement un chêne et un tilleul enlacés se lancèrent à l’assaut du ciel.

Nos tourtereaux qui venaient tous les jours main dans la main y virent un heureux présage et comme le temps qui passait renforçait leur certitude et bien ….Ce fut l’occasion pour les villageois de se réunir à nouveau mais cette fois pour un beau mariage.