Histoire des arbres

 

Il s’agit d’un chêne et d’un tilleul.
Tellement imbriqués l’un dans l’autre que souvent on parle de l’arbre…
Véritable pièce unique que possède notre commune.
Ces arbres de signe masculin pour le chêne et féminin pour le tilleul sont véritablement une rareté recherchée depuis toujours quand ils sont unis.
Pour preuve ci-dessous un texte écrit au Moyen Age (d’où son orthographe)
Et cette belle légende de Philémon et Baucis donnant l'hospitalité à Jupiter et Mercure jointe également.


Pour mémoire :
Le Chêne est le symbole de la force, de la puissance et de la prospérité.
Les anciens honoraient cet arbre, et surtout les Gaulois chez qui il était en grande vénération. Les Romains faisaient des couronnes de ses branches, et les donnaient à ceux qui avaient sauvé la vie à des citoyens.
C’est un symbole masculin.


Le tilleul
On trouve des traces de l’importance du tilleul dans la société des hommes avant la chrétienté.
L’église catholique a utilisé le tilleul pour l’image du cœur comme représentation du « sacré cœur ». C’est ainsi que l’on trouve, encore souvent, des tilleuls autour des édifices religieux : églises, chapelles, calvaires …
La révolution française de 1789 a, elle aussi, récupéré l’image positive du tilleul dans la population : dans beaucoup de communes, l’ « arbre de la liberté » planté à cette occasion a été un tilleul.
Traditionnellement en Flandre, l’entrée des fermes est marquée de part et d’autre par un tilleul
Résistant il est le vétéran de tous les arbres d'Europe. Il n’est pas rare de voir des tilleuls ayant atteint l’âge de 1000 ans ; en Lituanie il existerait des tilleuls de 2500 ans.

La feuille du tilleul, par sa forme, est associée au cœur et à toutes ses symboliques, expliquant ainsi l’association entre l’Amour, la Fidélité et la Justice. Il est « Arbre d’Amour ».
« Arbre Féminin », le tilleul a souvent un rôle essentiel dans les mythes, les contes et légendes et dans les coutumes des peuples.

Cet arbre dont les hommes utilisent l’écorce comme fibre textile ou à cordage est par extension symbolique, « Arbre des Liaisons » communautaires et de l’attachement des êtres.
Les composants de son écorce, de son aubier, de ses feuilles et de ses fleurs entrent dans la confection de multiples remèdes médicaux et font de notre tilleul le Roi des « Arbres Médecine ».

Je n’ai rien inventé, bien sûr.

Voilà pourquoi Marie France se fait notre porte parole pour sauver et rendre son importance à cette rareté.

Si la commune souhaite mettre en valeur ces arbres, je me propose d’écrire un conte libre de droits qui peut être distribué ou même apposé près des deux arbres.

Christian LUZERNE    
http://www.ducsetcie.fr/

 

 

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Le Chêne et le Tilleul

 
Le Tilleul un jour dit au Chêne :
Que tu croîs lentement! tu quittes terre à peine,
Et mon front se perd dans les Cieux ; 
Qui croirait qu'un seul jour nous vit naître tous deux ?
Seul confident d'un doux mystère,
Sous mon favorable contour,
Je dérobe aux rayons du jour
La tendre et timide Bergère,
Que sans mon ombre solitaire,
Son Berger poursuivait en vain......
Le rendez-vous du lendemain
Est sous mon ombre salutaire. 
Sur mon écorce enfin la tremblante Glycère,
Traçant deux chiffres amoureux,
M'a chargé du beau soin d'éterniser ses feux.......
Zéphyre avec molesse agitant mon feuillage, 
Vient mêler son murmure aux voix de mille Oiseaux 
Qui bravent dans mon sein le soleil et l'orage.
Il n'est aucun de mes rameaux 
Où les amours de ce bocage
N'ayent reçu mille fois un vif et pur hommage....
Ma tête brille au loin ; ce n'est que par mon nom
Qu'on désigne mon voisinage.
Je pourrais bien avec raison
Peut-être en dire davantage ;
Mais je n'aimai jamais à me glorifier :
Sur l'inégalité que la nature sage
En répandant ses dons mit dans notre partage, 
Je me garderai d'appuyer.
Tandis que le Tilleul vantait son indulgence, 
Le Chêne croissait en silence.
Il poussait insensiblement Mainte racine profonde 
Qui s'étendant à la ronde, 
Dans ses fibres largement 
Pompaient la sève vagabonde,
Enfin ces grands rameaux obscurcirent les airs. 
Le Tilleul cependant, après quelques hivers, 
Commençait à courber la tête ;
Le Tilleul n'était déjà plus,
Et le Chêne bravait l'effort de la tempête;
Sous son feuillage alors par cent jeux ingénus 
Les innocens Bergers vont célébrer leur fête. 
C'est peu de résister aux vents :
Il résiste à la faulx du tems,
Et le vieillard glacé montre avec allégresse 
Aux gages fortunés de ses feux expirans,
Le témoin respecté des ans
Qui vit éclore sa tendresse ; 
En pleurant sous son ombre il bénit ses enfans,
Les jeunes cœurs, sous cet ombrage, 
Se promettent qu'un jour à leur postérité
Ils tiendront à leur tour un semblable langage;
Par un tendre coup d'oeil l'augure est accepté !
Le trépas, du Tilleul emporta la mémoire ; 
Le Chêne révéré vit encor dans l'histoire. 


Marie de France (1301 -1400)

 

Philémon et Baucis donnant l'hospitalité à Jupiter et Mercure


Extrait des Métamorphoses d'Ovide, cet épisode relate la merveilleuse idylle conjugale de Philémon et Baucis, humbles époux qui reçoivent à leur insu Jupiter et Mercure, déguisés en vagabonds afin d'éprouver le sens de l'hospitalité des habitants de Phrygie. Chassés de partout, ils sont enfin accueillis par le vieux couple qui s'apprête à sacrifier son unique oie pour améliorer le modeste repas. Pour les récompenser de leur bonté, Jupiter rendra leur amour immortel en les transformant, à leur mort, en chêne et en tilleul aux branches entrelacées.